Syndicat national des pédiatres françaisPrévention / Dépistage précoce / Accessibilité/ Parcours de Soins

Quelles solutions pour la santé de nos enfants demain ?

 

Alors que la quatrième vague semble doucement s’éteindre, les menaces de réorganisation du soin aux enfants se profilent. Elles sont incarnées par un récent rapport de l’IGAS, et ce, malgré la crise et les nombreuses incertitudes qui l’accompagnent. Les professionnels de la pédiatrie libérale, de la médecine scolaire et de la PMI se sont réunis autour du Syndicat National de la Pédiatrie Française (SNPF) dans le Cadre des Universités d’été qui se sont tenues à Paris le 17 septembre.

L’objectif de ce rendez-vous collégial était de construire les solutions d’accès à des soins de qualité pour tous les enfants, analyser les freins à l’efficience des soins. Cette réflexion a permis de façonner des pistes concrètes et des modèles d’organisation efficaces et agiles sur le collectif et la pluridisciplinarité afin d’offrir aux familles un guichet unique, près de chez soi et un concentré de compétences en santé de la famille.

LES RECOMMANDATIONS DU SNPF

1/ Partager un constat épidémiologique sur la santé des enfants : un état global moins bon qu’on le pense et une absence de campagnes ciblées

Obésité, troubles de l’attention et du neurodéveloppement ou encore santé mentale : tous ces indicateurs se dégradent durant les dernières décennies alors que paradoxalement la santé globale des populations s’améliore. Les enfants ne bénéficient pas de politiques de santé ciblées et aucun message sanitaire ne leur est adressé alors que l’exposition est majeure. Pour comprendre et bâtir une politique de santé publique et de prévention solide, il convient de faire émerger des données dédiées aux enfants de façon holistique et non pas les statistiques morcelées existantes qui ne permettent pas de dresser un tableau global corrélant sanitaire, sociétal, économique et éducatif (voir recommandation 8).

 

2/ Protéger et ancrer le travail de repérage précoce systématique

Face au danger de transférer cette compétence à un non-médecin spécifiquement formé à la santé de l’enfant, les risques sont importants d’errance et de retard de prise en charge avec des conséquences désastreuses sur le devenir de celui-ci. Les temps de consultation  et la récurrence des visites chez les pédiatres sont les conditions sine qua none de l’efficience de ces dépistages.

 

3/ Un enjeu de développer l’expertise pédiatrique et un socle de compétences renforcées

Mieux former les médecins généralistes et les pédiatres : certes des avancées effectives sur leurs formations initiales et académiques ont été constatées avec des cursus dédiés plus longs et plus denses. Pour autant, une absence d’expérience de la pratique en ville demeure faute de la mise en place de stages d’internat en cabinets pédiatriques ; et ce malgré une attente forte de la part des internes en pédiatrie et des pédiatres installés. La rencontre de l’offre et de la demande de stage fait partie des compléments nécessaires à la qualité de la formation académique.

Les Médecins Généralistes ou « la realpolitik en santé ». Il est nécessaire de renforcer le bagage de formation des généralistes en médecine infantile garantie d’un vrai socle de compétences clé pour assurer un maillage complet du territoire et un travail de vigie terrain et parallèlement développer le nombre de pédiatres en formation.


4/ Le Modèle des maisons pédiatriques avec délégation de tâches à des professionnels de la petite enfance

Sur le modèle réussi partagé par les ophtalmologistes, la pérennité de l’offre de spécialité a été maintenue et voire améliorée par une meilleure attractivité, une efficience de l’organisation qui permet de traiter plus et mieux de patients et de couvrir un champs de problématiques plus large.

Pour réussir ces nouveaux schémas :

  • Défendre le modèle économique de ces maisons
  • Assurer un accord et un soutien des régulateurs locaux et des acteurs des territoires (élus)
  • Attirer les professionnels de santé connexes et complémentaires
  • Développer une culture de l’entreprise médicale


5/ Renforcer la collaboration avec l’Hôpital, décloisonner les compétences, partager l’information pour mieux suivre les enfants

La collaboration doit s’améliorer entre les professionnels de l’hôpital et de la ville avec des échanges fluides et réactifs. Pour se faire, au-delà du volet technique de cette collaboration basé sur des outils comme le DMP, il faut favoriser une culture de la ville chez les jeunes futurs pédiatres susceptibles de s’installer en territoires. Il faut développer les temps de travail commun, staff, atelier thématiques compétences transverses (gestion du stress – annonce difficile etc…).

Dans le cadre des pathologies chroniques, il convient de systématiser un suivi partagé et conjoint entre les équipes de pédiatrie hospitalière et de ville afin d’assurer à ces enfants une prise en charge optimale.


6/ Favoriser l’accès aux acteurs de l’innovation vers les pédiatres libéraux

Pour intégrer des solutions innovantes de télémédecine (téléconsultation et téléexpertise) dans les pratiques professionnelles, il est nécessaire que les  pédiatres de ville se fassent connaitre collectivement et donc puissent être identifiés par les opérateurs des solutions technologiques. Cette lisibilité et accessibilité sont les clés des futures collaborations et innovation tels que les grands centres hospitaliers ont su créer. Le SNPF va ainsi proposer des dispositifs concrets de déploiement d’innovation en cabinet et de stratégie d’évaluation. Ce pôle de Partenariats et Innovation permettra de favoriser cette transférabilité de l’innovation dans les pratiques médicales au quotidien pour le grand bénéfice des patients et de leurs proches.

 

7/ Créer une politique de santé publique de l’enfant volontariste

Alors que les pouvoirs publics et les décideurs ont polarisé énergie et effort financier sur la dépendance et les personnes âgées, il faut désormais prendre conscience que l’état de santé de nos enfants se dégrade. Handicap, obésité, troubles des apprentissages, troubles de l’attention, santé mentale, maladies chroniques, maladies rares, tous les indicateurs sont au rouge. Tout cela appelle à  un sursaut collectif et à une stratégie nationale ambitieuse. Toutes les forces vives de la petite enfance et des acteurs engagés dans la vie des enfants (professionnels de l’accueil, PMI, acteurs de l’école, représentants du sport mais aussi, les associations familiales et les usagers de soins) doivent s’unir collectivement pour porter aux autorités la demande d’un plan global et la sécurisation absolue du libre accès à la pédiatrie pour tous.

 

8/ Construire et partager les données cliniques.

Pour contribuer au premier point sur la réalité du constat épidémiologique sur les enfants, les principaux examens de l’enfant pilier de son évolution devraient être dématérialisés (9 mois/12mois/3/4/5 et 6 ans) pour pouvoir ainsi être dument exploités par les instances (Direction Générale de la Santé, Santé publique France Publique, Haute Autorité de Santé) afin de construire des recommandations de prise en charge. Les logiciels métiers le permettent et leur accessibilité grâce à la nouvelle Agence du Numérique en Santé devrait être un levier puissant pour améliorer les stratégies sanitaires. La conduite d’études prospectives comme celles menées par l’INSERM sur des cohortes de longue durée et qui apportent des éclairages précieux aux professionnels de soins.

 

9/ Assistants médicaux

Pour répondre aux demandes des populations, il convient d’augmenter la file active chez les pédiatres ; un vœu pieux lorsque l’on connait les journées surchargées de ces professionnels. Pour accompagner le développement attendu des cabinets médicaux, il convient donc de favoriser et soutenir la pratique des assistants médicaux en favorisant leur embauche par les praticiens en favorisant une volumétrie cohérente :  un pour un et non un pour trois.  A la clé, une meilleure qualité des soins pour les familles et une pratique plus sereine pour les professionnelles.  Pour y parvenir, une revalorisation des fonctions dites supports sera une condition sine qua none.

 

10/ Bonnes pratiques cliniques

Afin de construire des schémas de prise en charge efficients et en phase avec les ressources du territoire nous proposons d’élaborer – dans le cadre des URPS – des propositions de « parcours de soins coordonnés » pensées et donc portées par les acteurs de terrain. Cette logique coopérative se révèle pragmatique et agile pour évoluer selon les personnes, les équipements, et les besoins de santé locaux.

 

Contact presse

Vanessa Ralli

LINK – tel : 33-6-61-18-06-52