Tout le monde l’a remarqué, les femmes sont devenues majoritaires au sein du corps médical. On le voit dans toutes les spécialités : dermatologues, endocrinologues, pédiatres, ophtalmo… Mais aussi radiologues, gastroentérologues et, de plus en plus en chirurgie. Plus personne ne s’étonne d’être opéré par une chirurgienne… Comme dans beaucoup d’autres métiers que l’on pensait autrefois réservés aux hommes, les femmes sont appréciées pour leurs qualités relationnelles, leur rigueur, leur pédagogie et leur méticulosité. Le développement des techniques micro-invasives, la sophistication des ancillaires, la numérisation ont réduit les gestes requérant la force physique « brute » des opérateurs masculins… Mais surtout, la culture mondiale a changé : tout le monde a pris l’habitude de voir des spationautes, des conductrices de bus, des militaires et des peintres en bâtiment du sexe féminin.

Cette évolution s’est faite à partir des années 70-80. C’est aussi à cette époque que s’est organisée progressivement la configuration actuelle des syndicats médicaux. L’encadrement s’est constitué à partir d’une démographie médicale encore très majoritairement masculine. Il s’est peu renouvelé. Les habitudes de travail ont été prises avant l’invention de l’Internet et du monde numérique : beaucoup de réunions physiques bloquant des journées entières, beaucoup de joutes oratoires allongeant les réunions, peu de documents de travail pour mettre les idées en ordre et partager le travail. Ceci peut expliquer pourquoi, mis à part quelques consoeurs passionnées et appréciées, la féminisation du corps médical ne s’est pas traduite par une représentation plus forte des femmes dans la représentation professionnelle. Avec une double vie, familiale et professionnelle, à mener de front, on peut comprendre qu’elles doivent optimiser leur emploi du temps. C’est d’ailleurs également un souci des jeunes confrères masculins qui sont plus soucieux que par le passé de leur équilibre famille – travail – épanouissement personnel.

AVENIR SPE veut offrir aux femmes une occasion d’être plus actives et visibles dans la vie syndicale. L’adoption de nouvelles méthodes de travail doit y contribuer. Beaucoup de réunions parisiennes peuvent être remplacées par de courtes visio-conférences, à des heures commodes pour toutes et tous. Le partage de documents écrits doit permettre de concrétiser plus vite des projets concrets, tout en recueillant les avis de chacun. On y gagnera en efficacité. Les sondages en ligne, les réseaux sociaux permettront de diffuser plus facilement l’information et de recueillir opinions critiques et propositions constructives.

La « vieille génération » ne se sentira pas évincée, mais aura la satisfaction de transmettre les rennes d’un attelage redynamisé, tout en continuant d’apporter son expertise et son savoir-faire aux projets portés par les jeunes.

Mesdames, à vous de jouer !