AVENIR SPÉ dénonce, une nouvelle fois, la mise à l’écart de la médecine spécialisée libérale dans la prise en charge de la population dans cette période épidémique.

La Lettre n° 14 du 26 Novembre 2020

Alors même que nous avons appelé les médecins spécialistes à mettre en œuvre tous les moyens pour répondre à la demande de la population :

  • En assurant une présence quotidienne pour maintenir la prise en charge de la population,
  • En priorisant la prise en charge des patients,
  • En contactant le plus possible tout patient chronique, modalités et protocoles en coordination avec les médecins traitants,
  • En prenant garde à n’annuler aucune consultation sans avoir évalué la situation de chaque patient éventuellement dans un entretien téléphonique. D’effectuer eux-mêmes, si besoin et s’ils le désirent, des tests de dépistage rapides pour orienter, au mieux, les patients dans leur parcours,
  • En privilégiant, si possible, les outils de communications numériques mais, aussi, téléphoniques (« Lettre du ministre aux libéraux » et « Circulaire du 24/10/2020 »),
  • En devenant des relais et des moteurs de la prévention, en donnant toutes les explications de prévention utiles à la population.

Pourtant la médecine spécialisée libérale est encore une fois mise à l’écart par le ministère, la CNAM, la HAS :

  • En ne ciblant pas les médecins spécialistes pour l’utilisation de la téléconsultation alors même que tous les autres professionnels sont individualisés (réf : DGS-Urgent du 12 novembre)
  • La HAS, dans le même temps, écarte les pneumologues des actions menées dans le cadre de l’oxygénothérapie à domicile pour les patients atteints de la COVID, voire même des pathologies chroniques dépendant de leur champ de compétence et ils ne sont pas la seule spécialité dans ce cas !
  • La totale mise à l’écart du médecin spécialiste dans le soin non programmé, de son rôle et, donc, de la valorisation de son expertise par la CNAM dans les discussions de l’avenant n°9,
  • Ne parlons pas du Service d’Accès aux Soins (SAS) dont les expérimentations vont se mettre en place et dont les spécialistes sont la dernière roue du dispositif. Comment peut-on penser désengorger les services d’urgence sans la médecine spécialisée, sans reconnaitre la permanence des soins pour toutes les spécialités en ville et en établissement, un sujet qui repose, aujourd’hui, sur la bonne coordination entre les médecins urgentistes, les spécialistes et les généralistes des territoires.

Cette politique est une politique absurde et délétère pour la population dans un environnement qui demande de plus en plus d’expertise.

Avenir Spé dénonce une méconnaissance de la médecine hors les murs de l’hôpital public, une vision court-termiste, sans volonté d’investissement, qui conduira à une faillite de notre système de soins.

Dr. Patrick GASSER

Président