Crise Covid-19 :  Aucun enseignement n’a été tiré par les pouvoirs publics

AVENIR SPÉ dénonce les décisions incohérentes de l’État en matière de protection des soignants, masques, équipements de protection individuelle…

Paris, le 5 octobre 2020

Communiqué de Presse

Depuis le 4 octobre 2020, les médecins libéraux doivent mettre en place un « stock de sécurité » à leur charge malgré la distribution mise en place par Santé publique France devenue progressivement et, enfin, efficace.

Alors que les chiffres de cette seconde vague s’emballent, que le ministre des Solidarités et de la Santé fait appel à une solidarité indispensable pour faire reculer les contaminations, que les moyens mis en place pour combattre le virus sont mutualisés par la collectivité (réalisation de test RT-PCR gratuit pour tous), l’État demande aux professionnels libéraux en ville de se débrouiller seuls, faisant fi du lourd tribut déjà payé par ces derniers en termes de vies humaines !

Cette décision est inique et indigne compte tenu du fait que les médecins libéraux sont en première ligne.

Et ils le seront de manière croissante dans les semaines à venir, comme le laissent présager les projections de contaminations et de décès établies par le Conseil scientifique ainsi que la période automnale qui, comme chaque année, charrie son lot d’infections saisonnières, laissant craindre un afflux de patients atteints de pathologies aigues ou chroniques dans nos cabinets libéraux. À cette exposition de fait vient s’ajouter la demande expresse des pouvoirs publics pour une mobilisation accrue des médecins libéraux, tant dans leurs cabinets que dans les hôpitaux si besoin était de venir prêter main forte aux hospitaliers.

Dans de telles conditions, la demande de constituer des stocks correspondant à trois semaines de consommation en temps de crise épidémique semble bien déphasée par rapport à la réalité du terrain. Cette réalité est celle du risque encouru par les médecins libéraux mais, aussi, celle de leur situation financière : l’impact financier de telles mesures sera catastrophique pour des cabinets médicaux libéraux. En effet, outre leurs difficultés financières préexistantes, ces derniers n’ont pas bénéficié du même accompagnement financier que l’ensemble des établissements de soins et ont même été exclus des primes COVID. Comment des cabinets médicaux libéraux, déjà exsangues, pourraient-ils trouver les ressources nécessaires pour se conformer à de telles mesures soi-disant sécuritaires ?

AVENIR SPÉ demande à l’État de revenir sur la décision de ne plus fournir aux professionnels de santé libéraux en ville et à tous leurs salariés les moyens de protection indispensables pour leur sécurité et celle de leurs patients.

En effet, cette décision est incompréhensible du point de vue des professionnels de santé et n’est, en aucun cas, propice à une restauration de la confiance des médecins en ville envers l’État qui néglige trop souvent la médecine libérale.

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