En 2021, nous défendrons le droit à l’expertise spécialisée !

Quatre-vingt pour cent des diagnostics sont faits par les médecins spécialistes : tout patient ayant une symptomatologie ne faisant pas rapidement la preuve de son origine doit bénéficier d’un avis d’expert, et être orienté vers le spécialiste du domaine en question.

Tout patient porteur d’une affection chronique doit voir au moins une fois, puis à intervalles justifiés, un spécialiste expert de sa pathologie. Un diabétique doit être vu par un endocrinologue, un lombalgique qui ne s’améliore pas rapidement doit pouvoir consulter un MPR ou un rhumato… Tout enfant doit être montré à un pédiatre aux temps clés de son développement : première année, petite enfance, adolescence : dépistage des maladies peu symptomatiques, des troubles du développement, étude étiologique des affections qui se prolongent ou se répètent…

L’expertise spécialisée s’apprend et s’entretient : DES et diplômes complémentaires, expérience acquise à l’hôpital puis dans un exercice libéral monospécialisé, participation à des staffs de spécialité ou pluridisciplinaires, participation à des travaux collectifs…

La médecine spécialisée repose sur une organisation dédiée : secrétariat, collaborateurs, correspondants spécifiques, habitués à travailler ensemble sur un même lieu ou dans le cadre d’un réseau. C’est ce que nous appelons les équipes de soins spécialisés. Elles existent déjà. Nous devons les faire reconnaître et les valoriser.

Valoriser la médecine spécialisée n’est pas dédaigner la médecine générale avec laquelle une saine collaboration doit s’établir. C’est ce qui se fait sur le terrain entre correspondants de bonne volonté, dans un respect mutuel.

Ceux qui prétendent tout savoir sur tout sont présomptueux, voire dangereux. Plus on apprend, plus on connaît ses limites et plus on a besoin de dialogue avec ses collègues.

L’expertise se développe dans tous les domaines et tous les modes d’exercice. La médecine spécialisée libérale a développé ses propres connaissances et su innover sur des savoir-faire originaux : RAAC, chirurgie microinvasive, prises en charges ambulatoires….

Les français doivent conserver le droit d’accéder à cette médecine libérale d’excellence. Ce n’est pas en la détruisant par un carcan réglementaire et financier insupportable que l’on y parviendra mais, au contraire, en lui donnant de l’air et la liberté de s’organiser de manière rationnelle.

 Dr Patrick GASSER
Président d’AVENIR SPE