Couac ou nouveau camouflet ? les spécialistes exclus de l’organisation de la télésanté en réponse à l’épidémie

22/11/2020

En mars, lorsqu’il a pris ses fonctions en pleine épidémie de COVID-19, Olivier Véran a déclaré publiquement : « chaque patient pourra avoir accès à une téléconsultation quand il en aura besoin » (interview accessible sur le site du Figaro).

De fait, des mesures dérogatoires ont été prises par la CNAM et « prolongées au-delà du 30 octobre et du 31 décembre 2020, et a minima jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire. On les trouve sur le site de l’Assurance maladie., daté du 12 novembre 2020 Parmi elles figurent la dérotation au parcours de soins et la possibilité de réaliser des consultations complexes et des avis ponctuels de consultant à distance par vidéotransmission, ainsi que la prise en charge des consultations par téléphone.

Quelle n’est alors pas notre surprise de découvrir une circulaire « urgente » de la DGS (Ministère de la Santé), datée du 12 novembre 2020, intitulée « Organisation de la télésanté en réponse à l’endémie », où les professionnels ciblés sont nombreux, du médecin généraliste au pédicure-podologue, mais où les « médecins autres spécialistes » n’ont pas été cochés.

S’agit-il d’un oubli malheureux ou d’une marque de défiance supplémentaire envers les médecins spécialistes libéraux ? On peut s’interroger après avoir lu le Tableau récapitulatif des professions autorisées à exercer à distance dans le cadre de la gestion de crise COVID 19 publié sur le site du Ministère. Dans les professions concernées, figure la mention « médecin », sans distinction particulière.

Que d’énergie gaspillée par notre administration qui a l’art de convertir le message simple d’un Ministre face à situation de crise grave en une confusion de textes d’une inutile complexité, sinon contradictoires les uns avec les autres !

Soulignons que de nombreux spécialistes sont en prise directe avec la COVID et ses conséquences directes : réanimateurs, pneumologues, cardiologues, internistes, médecins de réadaptation, pédiatres…Tous ont, en outre, à assurer la gestion complexe de patients éloignés ou dont les interventions ont dû être différées pour faire face à l’épidémie.

Dans ces conditions, la rigidité et l’idéologie doivent faire place au pragmatisme et à l’efficacité. La Télémédecine doit être utilisable sans restriction chaque fois qu’elle est utile. AVENIR SPE et Le BLOC ne sauraient accepter que les médecins spécialistes et les chirurgiens soient, délibérément ou non, ignorés et exclus de quelconques dispositions visant à lutter contre l’épidémie.