Syndicat national des anesthésistes réanimateurs de FranceIADE : une réglementation claire, un rôle bien défini dans une équipe médicale structurée

La compétence de l’IADE est réglementairement définie par les décrets n° 93-221 du 16 février 1993 et n° 93-345 du 15 mars 1993, notamment par l’article 7 de ce dernier, qui précise la nature de leur habilitation et de leur exclusivité.

La compétence de l’IADE procède de l’application des connaissances acquises au cours des formations initiale et continue, et de l’expérience résultant de l’exercice professionnel.

L’IADE connaissant les limites de ses attributions sait faire appel à un médecin anesthésiste-réanimateur dans l’intérêt du patient.

La composition de l’équipe d’anesthésie, son importance numérique, la répartition des rôles, la plus ou moins grande autonomie de l’IADE dans le déroulement de l’acte, sont déterminées par le niveau de complexité de l’intervention projetée, le degré de gravité de la pathologie et l’état antérieur du patient. Toutes ces données sont évaluées par le médecin anesthésiste-réanimateur au cours de la consultation d’anesthésie et mentionnées par lui dans le dossier d’anesthésie.

L’IADE travaille en équipe avec le médecin anesthésiste-réanimateur. La nature de ce travail tient à la fois de l’exécution de prescriptions médicales et de la réalisation de tâches clairement précisées, qui lui sont confiées en fonction de sa compétence propre. L’intervention de l’un et de l’autre varie selon l’importance des actes d’anesthésie et de chirurgie. L’IADE peut, en présence du médecin anesthésiste-réanimateur, procéder à l’induction d’une anesthésie générale suivant la prescription du médecin ou le protocole établi. Le médecin anesthésiste-réanimateur peut lui confier la surveillance du patient en cours d’anesthésie à la condition expresse de rester à proximité immédiate et de pouvoir intervenir sans délai. Le médecin anesthésiste-réanimateur doit être obligatoirement et immédiatement informé de la survenue de toute anomalie.

L’IADE participe à la réalisation des anesthésies locorégionales. Il est habilité à pratiquer des réinjections par la voie du dispositif mis en place par le médecin anesthésiste-réanimateur, suivant les prescriptions écrites de ce dernier.

La participation de l’IADE à l’anesthésie du patient ambulatoire obéit aux mêmes règles.

Face à une urgence extrême et vitale, l’IADE est tenu de mettre en œuvre, sans attendre, les gestes d’urgence et de survie relevant de sa compétence. Il est souhaitable que des protocoles couvrant ces situations soient établis dans chaque service ou équipe d’anesthésie-réanimation. L’IADE doit, dans de telles situations, rédiger un compte rendu destiné aux responsables concernés du service d’anesthésie-réanimation.

Cette étroite collaboration et ce travail en équipe parfaitement définis par une stratégie de prise en charge globale du patient tout au long de son séjour sont un exemple remarquable dans la durée collaboration réussie. Le décret qui fixe les conditions de formation et d’exercice est suffisamment clair et souple pour permettre l’adaptation des prises en charge au cours du temps et des innovations ou des modifications de pratique.  Il permet une liberté et une autonomie au sein de l’équipe tout en ayant des règles définies par une stratégie initiale et discutée.