Syndicat de l'appareil respiratoireLes spécialistes libéraux sont les grands oubliés dans le parcours de soin durant cette crise sanitaire

Lundi 15 février 2021, le ministère de la Santé a appelé les hôpitaux à se remobiliser, en prévision d’une nouvelle vague épidémique.

Alors que se cumulent la progression de plusieurs variantes du SARS-CoV2, la persistance de fortes tensions des services hospitaliers dans les régions de l’Est et l’augmentation importante de la présence du virus et de la sollicitation de l’offre de soins dans les régions de l’Ouest, le 16 février, la Direction générale de la santé a envoyé un DGS-Urgent*. Des consignes que dénonce vivement le SAR.

Une fois de plus depuis le début de la pandémie, le gouvernement en appelle « à la mobilisation des professionnels de médecine de ville pour éviter le recours systématique à l’hospitalisation conventionnelle par la prise en charge des patients infectés par la Covid-19 et dont l’état est compatible avec le maintien à domicile avec une possible oxygénothérapie si nécessaire, mais également grâce à la prise en charge des patients non Covid-19. » Si cette décision est logique, sa mise en œuvre nous révolte.

En effet, il est écrit que « les médecins de ville peuvent s’appuyer sur les services de télé expertise de Pneumologie et de Maladies infectieuses et tropicales pour l’indication à l’oxygénothérapie et aux traitements possibles des patients. »

C’est la seconde fois dans ce cadre de prise en charge en ambulatoire que les pneumologues libéraux sont écartés de l’offre de soins pour les patients Covid + à domicile nécessitant de l’oxygénothérapie ou du moins une surveillance très rapprochée.

Ce dédain de la part des instances gouvernementales et sanitaires envers les pneumologues libéraux devient coutumier. Et voici encore un nouvel exemple avec la parution du « Décret n° 2020-1131 du 14 septembre 2020 relatif à la reconnaissance en maladies professionnelles des pathologies liées à une infection au SARS-CoV2 ». Par dérogation à l’article D. 461-26, le directeur général de la Caisse nationale de l’assurance maladie peut, en application du 3° de l’article L. 221-3-1 du code de la sécurité sociale, confier à un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles l’instruction de l’ensemble des demandes de reconnaissance de maladie professionnelle liées à une contamination au SARS-CoV2 et comprenant :

1° Un médecin-conseil relevant du service du contrôle médical de la Caisse nationale de l’assurance maladie ou de la direction du contrôle médical et de l’organisation des soins de la caisse centrale de la mutualité sociale agricole ou d’une des caisses locales, ou un médecin-conseil retraité ;

2° Un professeur des universités-praticien hospitalier ou un praticien hospitalier particulièrement qualifié en matière de pathologie professionnelle, réanimation ou infectiologie, en activité ou retraité, ou un médecin du travail, en activité ou retraité, remplissant les conditions prévues à l’article L. 4623-1 du code du travail, nommé pour quatre ans et inscrit sur une liste établie par arrêté du directeur général de l’agence régionale de santé. Il perçoit une rémunération dans les conditions mentionnées au 3° de l’article D. 461-27 du code de la sécurité sociale.

Ces avis répétés confirment une volonté assumée d’exclure le spécialiste libéral et notamment le pneumologue, pourtant l’expert d’organe, du parcours de soin des patients !

Comment expliquer qu’un médecin pneumologue, à partir du moment où il exerce en libéral, perd ses compétences comparativement à un spécialiste hospitalier ?

Un médecin spécialiste reste un expert, quel que soit son mode d’exercice !