La France doit changer « rapidement » de stratégie en matière de tests de détection du
coronavirus Covid-19

PARIS, 21 mars 2020 (APMnews)

La France doit changer « rapidement » de stratégie en matière de tests de détection du
coronavirus Covid-19 afin de tendre vers un « dépistage massif », a déclaré le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, samedi lors d’un point presse.

Conformément aux premières recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la France a choisi jusqu’à présent de n’effectuer des tests que sur les personnes les plus symptomatiques (cf dépêche du 19/03/2020 à 15:58).

« Nous avons fait jusqu’ici le choix d’un usage rationnel, raisonnable et raisonné des tests », a souligné Olivier Véran. « Rationnel, car il y a une logique qui prévaut lors de chaque  épidémie: ne pas dépister de manière systématique mais baser le suivi sur la surveillance des symptômes. » Et « raisonné, car réaliser des tests mobilise d’importantes ressources », humaines ou en « réactifs ». « Depuis le 1er jour [de l’apparition du virus], nous nous sommes parfaitement alignés sur les recommandations et pratiques internationales », a-t-il assuré. « Aux stades 1 et 2, nous avons testé l’ensemble des cas contacts des personnes malades ».

« Nous avons fait un choix, comme la plupart des pays et conformément aux recommandations de la Commission européenne, de réserver les tests à des publics prioritaires », a ajouté le ministre. « Les personnes ciblées sont [jusqu’à présent] celles les plus à risque: les professionnels de santé et les personnes âgées symptomatiques, les personnes avec des difficultés respiratoires sévères ou des maladies chroniques, les personnes hospitalisées », a-t-il indiqué en mentionnant également les nouveaux foyers d’apparition du coronavirus.

En outre, la France a fait le choix de prioriser les « femmes enceintes, les donneurs d’organes, de cellules, et de tissus ». Chaque jour, ce sont « 4.000 tests qui sont réalisés sur ces personnes » pour un total « supérieur à 60.000 tests » depuis le début de la crise sanitaire, a-t-il précisé.

Actuellement, « 70 laboratoires, en plus des 50 déjà équipés, sont en capacité de réaliser des tests », a souligné Olivier Véran. Il faut « tester » et encore « tester » en prévision de la fin du confinement La stratégie de dépistage doit « évoluer rapidement » car, « on le sait aujourd’hui », près de la moitié des porteurs du Covid-19 ne présente
pas de symptômes, a déclaré le ministre de la santé.

Le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, « a
délivré lundi ce message: [il faut] tester, tester, tester ». La capacité journalière de tests doit pour cela « rapidement augmenter », a-t-il poursuivi. Ce n’est pas « une hypothèse de travail mais un impératif de santé publique, la doctrine d’usage raisonné et rationnel des tests doit évoluer ».

« La France doit donc désormais suivre » la voie d’un « dépistage massif ». C’est sur cette base « que nous pourrions être amenés à accroître notre surveillance une fois le confinement levé ».

« L’enjeu, c’est d’être en mesure de multiplier notre capacité de tests au
moment où nous lèverons le confinement », a-t-il insisté. « Nous travaillons actuellement avec l’ensemble des industriels en France, comme à l’étranger, pour augmenter ces capacités de tests dans les plus brefs délais ».

Olivier Véran a par ailleurs annoncé que la France pourrait disposer « d’ici quelques semaines » d’une « nouvelle méthode de diagnostic« , qui sera « plus simple, plus rapide et plus largement diffusable sur tout le territoire national ».

« L’espoir est dans la recherche », a-t-il déclaré. « Si demain un traitement peut démontrer son efficacité, [je veux] m’assur[er] que les Français puissent en disposer sans délais », a-t-il par ailleurs précisé.

Lors de la conférence de presse, Olivier Véran a également
longuement évoqué la question des masques et notamment annoncé
que plusieurs commandes, pour plus de 250 millions de masques,
avaient été passées (cf dépêche du 21/03/2020 à 20:01).