Négociations conventionnelles : les propositions de la CNAM sont loin des enjeux pour la santé des Français !

Les spécialités cliniques sont menacées de disparition : l’expertise clinique et le travail intellectuel ne sont toujours ni reconnus ni valorisés. Alors que les charges et les obligations ne cessent de croître (+2% par an sur les salaires des personnels), les cliniciens n’ont plus les moyens de se doter d’un secrétariat digne de leur fonction. Les patients ont beau se plaindre de l’anonymat des plateformes de rendez-vous, il est de plus en plus difficile de répondre de manière personnalisée à leurs appels.

Il n’y a déjà quasiment plus de pédopsychiatres. La spécialité n’est plus choisie par les Internes. Bientôt, il n’y aura plus de pédiatres, de psychiatres, mais aussi de spécialistes en médecine de réadaptation, en rhumatologie, en endocrinologie… Comme en Angleterre, si souvent prise pour modèle, les délais d’attente ne se compteront plus en semaines ou en mois, mais en semestres, voire en années… sauf pour une frange de privilégiés fortunés et bien introduits. Pourquoi ? Parce que les jeunes médecins formés au bout de 11 ans d’études renonceront à s’installer dans un secteur libéral ayant perdu toute attractivité et préfèreront rester confortablement salariés aux 35 heures dans des structures institutionnelles.

Les radiologues, qui occupent une position centrale dans toute démarche diagnostique et thérapeutique, restent à la merci de l’article 99 qui permet des baisses tarifaires d’autorité. Les anatomo-cyto-pathologistes sont délibérément ignorés. Des actes quotidiennement indispensables à la prise en charge thérapeutique en cancérologie attendent d’être inscrits à la nomenclature… depuis plus de 10 ans ! Ce qui crée de facto une inégalité de traitement pour nos patients de ville.

Face à cet enjeu national de santé, la CNAM refuse de rompre avec les habitudes qui nous ont conduits au désastre actuel : quelques euros d’augmentation par ci, par là, une complexification croissante de la nomenclature, le refus de réformer l’OPTAM et… un renvoi des sujets importants à la négociation conventionnelle de 2023 !

L’Avenant n°9 devait engager cette démarche et permettre de retrouver la confiance pour engager une véritable refondation de notre système de soins. La masse financière annoncée de plus de 700 millions d’euros est un leurre.  L’enveloppe véritablement dédiée à la médecine libérale spécialisée n’est de 140 millions d’euros ! Une vraie avancée nous dit-on !

Les Pouvoirs publics misent-ils sur la duplicité de syndicats désavoués par les élections pour contourner l’Union Avenir Spé Le Bloc, première force de représentation des spécialistes ? Nous saurons résister à la tentation d’un mauvais compromis et nous continuerons à nous battre pour faire reconnaître et valoriser la place réelle de la médecine spécialisée dans notre système de santé.

Dr Patrick GASSER
Président d’AVENIR SPE

La Lettre Avenir Spé

La Lettre n°29 est en ligne (cliquez ici)

  • Editorial : négociations conventionnelles : les propositions de la CNAM sont loin des enjeux pour la santé des Français !
  • Billet : faut-il rester à l’OPTAM ?
  • Délégation de tâches : les positions d’AVENIR SPE
  • Réunion de la CHAP et révision des nomenclatures

Relire la Lettre n°28

  • Représentativité syndicale dans les négociations conventionnelles
  • Tribune du SNPF : au nom de nos enfants, sauvons la pédiatrie !
  • Enquête MEDSCAPE : 61% des médecins libéraux interrogés déclarent une baisse de leurs revenus en 2020 par rapport à 2021 (contre 18% pour les hospitaliers).
  • Le SNOF dévoile son plan pour éliminer les zones médicalement sous-dotées
  • La recertification va devenir obligatoire pour toutes les médecins, quelle que soit leur classe d’âge.
  • L’UEMS planche sur les standards européens de formation des médecins spécialistes (European Standards in Medical Training)
  • Guide de formation continue à la radioprotection
  • Ordonnance no 2021-584 du 12 mai 2021 relative aux communautés professionnelles territoriales de santé et aux maisons de santé

Flash info du 24/06/2021

  • A propos des négociations sur l’Avenant n°9

Relire la Lettre n°27

  • Nous affirmerons les valeurs des médecins spécialistes !
  • Lecture critique du projet d’Avenant n°9
  • Endocrinologues : Aujourd’hui, la MCE est applicable pour moins de 20 % de nos actes
  • Revendications des ophtalmologistes
  • Anatomo-cyto-pathologie : les tests oncogénétiques en cancérologie
  • BNC 2019 publiés par la CARMF : une majorité de spécialités dans le rouge

Relire La lettre n°26

  • Insupportable injustice !
  • SNOF : centres de santé en ophtalmologie : 22 millions de fraude à l’Assurance maladie en 2020
  • FNMR : 40 ans d’aveuglement technocratique
  • SNARF : déprogrammations en région AURA
  • SYFMER : il faut des mesures d’assouplissement pour favoriser une réadaptation à forte valeur ajoutée
  • CARMF : revalorisation de 0,4 % de l’ASV au 1er janvier 2021
  • BRANCHET : déprogrammation et maintien des garanties assurantielles

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Le site d’AVENIR SPE est en cours de restructuration

Notre site a été créé au début de 2020, en même temps que la conversion de l’UMESPE en AVENIR SPE, syndicat exclusivement représentatif des médecins spécialistes.

Une restructuration du site est devenue nécessaire pour mieux gérer l’afflux des informations et les rendre plus facilement accessibles. La nouvelle structure apparaît déjà dans les titres de nos menus déroulants. Les contenus seront progressivement mis à jour dans les semaines à venir. Merci de votre compréhension.

Georges de Korvin, chargé de la communication numérique d’AVENIR SPE

AVENIR SPE représente
les spécialistes français à l’UEMS